LES INROCKS
Les 10 albums de jazz de la rentrée
Chanter Over The Rainbow, Police On My back ou le Ring Of Fire de Johnny Cash avec l'élégance impeccable d'un dandy américain d'autrefois, l'exercice est périlleux. Grâce à sa voix d'un moelleux auquel on ne peut que succomber, à sa gaité et à la finesse, toute simple en apparence, de ses arrangements, Matthieu Boré relève le défi dans Naked Songs. On a misé ici sur une légèreté qui n'exclut pas la profondeur mais la laisse deviner derrière la décontraction des manières. Le résultat est un album absolument charmant.

Louis-Julien Nicolaou


JAZZ NEWS
Les 60 qui font la rentrée jazz
Avec l'Amérique en point d'orgue, Matthieu Boré met à nu Johnny Cash, Randy Newman, Cole Porter et d'autres... Ce folklore, le chanteur français le cultive à travers son amour tardif pour les crooners, avec une prestance et une élocution de première classe. En bon dandy à lunettes teintées, il chante avec une légèreté presque frivole sur fond d'instrumentation épurée: piano, basse. Les Naked Songs respirent la simplicité et l'ivresse d'adultes faisant des entrechats dans un pré. Une oeuvre estivale qui vole au secours de la tristesse d'une rentrée de septembre. À noter que l'album est produit par Léo Sidran qui n'est autre que le fils de Ben Sidran, ce qui explique ce goût marqué pour la chanson!

Florent Servia


LE SOIR
Naked Songs
Une basse pour le rythme, quelques accords de piano pour l’harmonie et une voix pour la mélodie. Dans l’un ou l’autre morceau, juste une trompette ou un Hammond. C’est tout, c’est simple, c’est nu. Ce sont des chansons nues. Une de Matthieu Boré lui-même, les onze autres de standards (Berlin, Porter, Harlen, Bacharach, Carmichael, Levine), de Randy Newman, de Billy Joel, le fameux «Ring of fire » de June Carter Cash et « Police on my back » des Equals et de Clash.
On prend beaucoup de plaisir à écouter ces morceaux célèbres interprétés dans leur plus simple expression : ça leur donne beaucoup de peps, ça montre en tout cas qu’il n’y a guère besoin d’effets pour les glorifier, qu’elles fonctionnent dans leur nudité. Pourvu évidemment que le chanteur ait une voix. Et c’est le cas du Français Matthieu Boré, qui sonne juste. Simple et beau, on vous le disait.

Jean-Claude Vantroyen


ROLL CALL
« Naked Songs »
Le french crooner à la diction parfaite possède une voix claire et assurée pour interpréter des auteurs aussi divers que Burt Bacharach, Billy Joel ou Hoagy Carmichael. Seule Anne Gouraud Shrestha l’accompagne à la contrebasse tout le long de son album. L’épuré et raffiné « Lonely at the top » de Randy Newman débute ce disque et nous pénètre directement dans une atmosphère feutrée. « Ring of fire » de June Carter et Merle Kilgore est devenu un standard de Johnny Cash. Il fallait oser et il l’a fait! Pourtant, entre la voix de baryton de l’homme en noir et celle « posée » de Matthieu Boré, il y a un grand fossé. Avec la complicité de la douce voix en backing vocals d’Anne Gouraud Shrestha, il nous propose une version personnelle et originale. Sur un autre tempo, « You’d be so nice to come home to » de Cole Porter, le swing n’est pas délaissé et le trompettiste Luca Aquino nous gratifie par la même occasion d’une agréable et belle intervention. Tout comme les deux personnages de la pochette de ce disque, il y a beaucoup d’élégance dans la musique de Matthieu Boré.

Bruno Marie


DJAM LA REVUE
ON EST PASSÉ À CÔTÉ EN 2015
Matthieu fait partie des mecs qui perpétuent. Quoi donc? Dans ce cas, la tradition du crooner, le mec à la voix de miel qui apparaît en cinq secs sur votre cornée avec un costard italien rayé, des richelieux de pimp aux pieds. Sans surprise, ces Naked Songs s’emparent d’un répertoire ultra-labouré, ce qui n’empêche pas les bonnes surprises : Burt Bacharach, Paul McCartney, Billy Joel. De tout pour faire un monde, mais trahison aussi de la tentation très pop (souvent tendance sucrée, il faut reconnaître) du monsieur. Produit par Léo Sidran, qui fait des apparitions bienvenues, et épaulé de la basse métronomique de Anne Gouraud Shrestha, Matthieu Boré exécute à merveille ce programme en lui trouvant des ressources de fraîcheur et d’entrain dans des arrangements efficaces en dépit de leur classicisme. De quoi séduire le public jamais démenti pour ce genre d’artistes, et sans doute exclusivement celui-là quoique Matthieu Boré paraît avoir suffisamment de ressources pour convaincre au-delà du monde des connaisseurs.


JAZZ MAGAZINE

Le chanteur et pianiste Matthieu Boré poursuit sa carrière de crooner de salon (parfois siffleur ou faux trompettiste le temps d'un chorus), reprenant quelques grands standards d'avant-garde, mais aussi Randy Newman pastichant Paul McCartney, Billy Joel et Burt Bacharach. Anne Gouraud Shrestha tient la contrebasse, Léo Sidran qui produit, prête son orgue, son vibraphone et ses choeurs. C'est charmant, sans faute de goût et parfaitement exécuté.

Franck Bergerot


CHRONIQUES DE MONSIEUR L’OUÏE
CROONER TOUT NU
Matthieu Boré est plus crooner et charmeur que romantique. Avec une élégance négligée, le bonhomme fait sa cour en reprenant un répertoire de chansons branchées bien souvent, mais à la sauce jazzy, façon cheap et un rien gainsbarre, mais classe, pas bourré, assis à son piano, avec une mignonne qui vient scier sa contrebasse près de son instrument (non, aucun arrière pensée lubrique. Ou si peu...). Ou encore un ou deux copains qui viennent souffler dans le piston ou jouer de l’orgue. Et ses interprétations, ses «chansons toute nues» comme il dit, il les joue tranquille, avec une voix posée, claire, avec peut-être au fond, tout au fond, une pointe de malice. Son répertoire n’est pas seulement puisé dans les classiques du jazz ou du glamour, mais plutôt de la pop music, du folk voire du rock: Randy Newman, Billy Joël, certes Cole Porter ou «Hallelujah», ou même «Police on my back» de The Equals, reprise plus tard en rock par les Clash.
Mais Matthieu Boré ne va pas au clash, ou pour tout autre chose, comme le prouve la jaquette de l’album: c’est bien pour draguer les filles en bikini au bord de la piscine. «Venez me voir se soir, je vous jouerai du piano». Histoire, en guise d’apéritif, de déshabiller quelques chansons...


JAZZACTU.TV

Le quatrième album du pianiste, chanteur, arrangeur Matthieu Boré est une petite pépite. Comme toujours, Matthieu déniche des thèmes qui semblent avoir été écrits pour lui et les illumine de sa voix sensuelle. Une véritable réussite !

Bob Garcia


JAZZ-RHONE-ALPES.COM
MATTHIEU BORÉ TRIO À LORETTE POUR LE RHINOJAZZ(S)
En invitant Matthieu Boré, le Rhinojazz(s) justifie le (s) qui termine son nom et enfonce le clou, il y a de la place en France pour le pop jazz. Les medias radio nous en font entendre parfois à condition que ce soit des stars américaines, anglo-saxonnes ou italiennes. Nous avons ici aussi des gens qui savent faire ça, et très bien. La preuve, Matthieu Boré dont le succès ne s'est pas démenti lors de son dernier passage au Péristyle en août dernier, ni ce soir au Rhino.
Bien servi par une excellente section rythmique, le chanteur enchaîne les titres dans un programme où se mêlent les standards du jazz, de la pop et du rythm'n'blues, Yeh Yeh, Lady Madonna, Hallelujah I love her So, Wake Me Up Before You Go-Go, et ses propres compositions. Le timbre chaleureux, l'aisance technique et l'agréable voix de crooner de Matthieu Boré (en un mot son talent) font le reste. Les reprises à sa manière, avec ses propres arrangements et juste ce qu'il faut de swing pour que spontanément on se mette à claquer des doigts, font merveille auprès du public.
Tout doucement grâce à son humour amical et un peu décalé, le public se libère peu à peu, pour participer à l'ambiance comme les invités d'une fête qui à la fin ne veulent plus partir, il ne faudra pas moins de quatre rappels pour que le spectacle s'achève, et c'est l'artiste qui proposera au public d'en rester là et de se retrouver à la buvette.

Michel Mathais


THE BEAT GOES ON

AVEC NAKED SONGS, MATTHIEU BORÉ EST AU POIL
Jusqu’à présent, Matthieu Boré avait été un peu trop facilement cantonné dans un personnage de crooner à la française, avec Naked Songs, ce nouvel album, le point de vue est différent.
Les étiquettes ont la vie dure. Comme le sparadra du Capitaine Haddock dans l’Affaire Tournesol, elles peuvent devenir insupportables une fois le côté farce dissipé.
Alors, Matthieu Boré french crooner, pourquoi pas après tout, ses prestations scéniques particulièrement communicatives et ouvertes vers un large public accrédite la thèse. Et si c’est une manière de s’affranchir d’un certain snobisme qui encore trop souvent, associe jazz et sérieux, acceptons-en l’augure. Mais il convient d’aller plus loin et Naked Songs, le bien nommé, enregistré en collaboration avec la contrebassiste Anne Gouraud Shrestha devrait balayer quelques préjugés.
L’aspect brut et dépouillé de l’ensemble, principalement contruit sur un line-up voix-piano-contrebasse, transcende la qualité première de Matthieu Boré : exploiter à 300% les belles chansons du répertoire.
Le pianiste parisien est avant tout un chanteur amoureux des belles mélodies et des refrains qui tombent à pic. Qu’elles fussent composées par Cole Porter, Johnny Cash, Randy Newman ou par Eddie Grant n’a que peu d’importance. Une telle ouverture d’esprit comme marque de fabrique pourrait bien placer cet album dans votre playlist de cet hiver. Alors écoutez (et surtout achetez) ce disque, il deviendra vite une pièce récurrente de votre collection.

McCouvin


COULEURS JAZZ
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Parce que c’est là, sinon un gage, au moins une marche vers le succès. On complique lorsque l’on n’a pas la solution. On enjolive, on truque, on détourne l’attention. En revanche, quand on est sûr de son art, on peut se permettre l’effeuillage. Simple n’est pas forcément brut. Au contraire, les thèmes et les standards de grands auteurs (Irving Berlin, Cole Porter, Randy Newman, Johnny Cash, Billy Joël) sont ici interprétés dans leur nudité, leur vérité première, en toute délicatesse. Matthieu Boré revient avec ce septième album en s’accompagnant au piano et au Wurlitzer avec à ses côtés, Anne Gouraud Shrestha à la contrebasse et aux chœurs. Luca Aquino – trompette – est invité sur trois titres et Leo Sidran, chargé de la réalisation, est à l’orgue Hammond et au vibraphone sur 4 des 11 titres.
Ceux qui n’apprécieraient pas ce dépouillement… n’ont qu’à aller se rhabiller.

Jacques Pauper


EXTENDED PLAYER
Un exercice pratiqué régulièrement, mais pas toujours réussi. Matthieu Boré, pianiste jazz à la renommée grandissante choisi douze titres du répertoire international et en exécute des versions « nues » où, quasiment seul au piano et au chant, il démontre avec ce savant minimalisme qu’une chanson peut se suffire de sa mélodie pour traverser les modes et les années. Pourtant, cette simplicité apparente s’acoquine de deux points forts. D’abord la voix de Matthieu, particulièrement expressive et à la hauteur de chacune des chansons présentées. Puis ce choix d’un accompagnement toutefois limité, mais ô combien efficace, grâce à la présence de Anne Gouraud Shrestha, à la contrebasse et aux chœurs. Exemple avec le « Police On My Back », rendu célèbre par The Clash, composition originale de Edmond M Grant, reposant ici sur des accords lourds et graves d’un piano de circonstance. Il y a aussi quelques incursions de trompette, sur le merveilleux « Over The Rainbow », et un peu d’orgue Hammond, de vibraphone et quelques petites percussions, sans jamais sombrer dans l’excès. Etonnamment, cet album évoque à la fois aussi bien Mika, le chanteur à la folie vocale grandiloquente, même si Matthieu Boré concentre sa masculinité orale dans les médiums et les graves sensuels – version extraordinaire du « Ring Of Fire » de Johnny Cash et adaptation sans faille et au millimètre de Randy Newman (« Lonely At The Top »), Burt F Bacharach (« Wives And Lovers »), Billy Joel (« And So It Goes »), ou Cole Porter (« You’d Be So Nice To Come Home To »). Et l’on pense aussi à Raphael Gualazzi, chanteur italien décomplexé à souhait. Le véritable lien entre ces trois-là ? La capacité à rendre heureux à l’écoute de leurs interprétations, un talent toujours aussi rare. Matthieu Boré, un nom que l’on a désormais très envie de communiquer. Petit plus informatif : il joue sur un grand piano Fazioli, modèle concert 280.

Marc Sapolin


FNAC LE HAVRE
COUP DE COEUR DU DISQUAIRE
Un swing intimiste et séduisant
La voix swingante et chaleureuse de Matthieu Boré entre Harry Connick Jr et Jamie Cullum a pour partenaires un piano rythmé et délicat, quelques percussions et une contrebasse enrobant le tout (plus quelques participations bienvenues sur certains titres). Les standards n'en sont que plus agréables et originaux.


FNAC ANGERS
COUP DE COEUR DU DISQUAIRE
Difficile de supporter la comparaison avec beaucoup d'interprétations de Over the Rainbow. Matthieu Boré le fait. Plus encore il relève le défi. Tout le CD est ainsi, réussi, avec une instrumentation discrète et efficace, une voix chaleureuse et juste. Il retient notre attention et nous émeut.


QOBUZ
Un exercice qui peut donner lieu aussi bien à de grandes réussites qu'à de véritables catastrophes, le pianiste de jazz Matthieu Boré se lance dans une réinterprétation de douze standards internationaux et prend plaisir à les dénuder, se servant uniquement de son piano et de sa voix pour s'approprier ces compositions. Un pari risqué mais amplement remporté par l'artiste français qui parvient à marquer les esprits grâce à sa voix particulièrement expressive et son touché à la fois délicat et percutant. Que ce soit sur une chanson des Clash, de Johnny Cash, de Billy Joel, de Cole Porter ou encore sur l'envoûtant Over the Rainbow, Boré sait trouver le ton juste et les bonnes idées sonores pour donner un second visage à ces chansons. La présence d'Anne Gouraud Shrestha (contrebasse et choeur) et de Luca Aquino (trompette) ajoute encore un peu plus de musicalité au disque.


LE TARN LIBRE
MATTHIEU BORÉ SE MET À NU
Il chante, fredonne et joue admirablement du piano. Matthieu Boré fait ici dans la délicatesse, mais aussi dans la nudité. Faire simple. Avec un très bon Léo Sidran (fils de Ben), essentiellement à l’orgue Hammond, mais qui aussi réalise ce très bel opus. Et une surprenante contrebassiste, Anne Gouraud Shrestha, qui assure les fondamentaux rythmiques. Ces trois-là montrent qu’avec peu d’accords, d’instruments et d’orchestration, l’on peut délivrer un album abouti, dont les mélodies demeurent longtemps, se fredonnent. C’est simple en apparence, économe en fioritures, c’est nu et c’est beau.

Jérôme Damoison


COURRIER PICARD
Un album de reprises des plus réussis. Naked Songs est le 6e album solo de Matthieu Boré. Le jazzman a choisi à la fois l'exigence et la sobriété... Et cela lui réussit. Il y reprend de grands classiques comme “Over The Rainbow”, “Police On My Back” des Clash ou encore le “Ring Of Fire” de Johnny Cash. Pour chacune des onze chansons reprises, Matthieu apporte sa touche jazzy tout en mettant à nu les morceaux. Ainsi, il nous montre qu'avec une voix - et quelle voix! - pour la mélodie et quelques accords pour l'harmonie, il faut peu de choses pour qu'une chanson fonctionne. Dès les premières notes, le charme opère et l'on se retrouve envoûté jusqu'aux derniers accords, ne voyant pas le temps passé. Une grande réussite.

Bruno Dauzat


NOUVELLE VAGUE
Matthieu Boré est pianiste et chanteur tendance crooner qui pour son nouvel album a décidé de faire sobre. Un duo, il joue du piano (un Fazioli) et chante, simplement accompagné par la contrebasse d’Anne Gouraud Shrestha. Onze titres, dix reprises allant de Randy Newman, l’excellent « Lonely At The Top » au plus classique (pour un crooner) Cole Porter « You’d Be So Nice To Come Home To Me » en passant par l’incontournable Burt Bacharach (« Wives And Lovers »). On se régalera d’une version très allègre du « Ring Of Fire » que Madame Cash écrivit pour son Johnny. Sur trois morceaux, le duo devient quartet. Luca Aquino enchante de sa trompette et Leo Sidran, le producteur, ajoute quelques touches d’orgue. Petit bémol, Billy Joel, même là, reste hélas, mièvre. Idéal pour une fin de journée encore chaude...

Jacques Lerognon